Juliette Kempf

La vie artistique de Juliette prend racine dans la danse classique, discipline de la rigueur et de l’infinie progression. Elle découvre le butô à l’âge de 16 ans ; cette pratique développe alors considérablement sa conscience du corps et sa vision du spectacle. Au cours d’un voyage en Amérique du Sud, elle suit un entraînement d’acteurs de l’Odin Theater auprès de Guillermo Angelleli. Elle crée ensuite ses premières pièces de théâtre physique et performances à Paris, et monte notamment une Cassandre, inspirée d’Eschyle. En 2012 en Mauritanie, elle met en scène un groupe de musiciens et danseurs traditionnels de l’Adrar. En 2013, elle se rend en Pologne pour découvrir de plus près le travail de l’Institut Grotowski, dans la lignée de cette figure essentielle du théâtre européen, et collabore avec Robin Riegels, metteur en scène formé au Workcenter de Pontedera. De retour en France, elle commence à étudier le chant auprès de maîtres de la tradition liturgique modale : Marcel Pérès, Aram Kerovpyan. Elle est actrice en résidence en 2014 à l’Académie des arts sacrés Andreï Tarkovski à Pontigny. Suite à cela, le metteur en scène russe Sergei Kovalevich crée le Théâtre Observatoire International, avec Juliette et plusieurs acteurs de différents pays. Ce groupe se consacre à la recherche, la création, la formation d’acteurs et la problématique culturelle. Elle en fait partie jusqu’en 2018. En 2015, elle initie un projet artistique dédié aux structures de soin psychique qui vise l’ouverture de l’espace poétique chez les patients, en participant de leur quête d’unité : « Du souffle intime au corps poétique ». Elle intervient, avec Simon Winsé, à l’hôpital psychiatrique François-Tosquelles de Saint-Alban dans le cadre de Culture Santé, un dispositif DRAC/ARS. Elle poursuit depuis son travail de médiation artistique en milieu de soin. Nourrie de ces expériences, elle lance la création du spectacle Lettres Vives. Elle met en espace le récital poétique Marcher sur l’or du temps, labellisé par le Printemps des Poètes. Elle est également comédienne dans la compagnie Les Haïm, dans un projet de théâtre laboratoire et anthropologique, Leros, représenté au TGP de Saint-Denis, au festival d’Avignon, au théâtre du Soleil et au 104-Paris. Parallèlement au théâtre, elle signe des enquêtes alliant écologie et spiritualité dans le quotidien Reporterre, intervient dans le milieu éditorial, et suit des enseignements de philosophie et d’anthropologie spirituelle.

Elle prépare actuellement le nouveau projet du Désert en Ville, Mémoire(s), dans lequel elle souhaite approfondir les liens intenses entre création théâtrale et sonore, médiations auprès des publics, et installation immersive.