Juliette Kempf

Juliette découvre le butô à l’âge de 16 ans. Cette pratique développe considérablement sa conscience du sensible et sa vision de l’art vivant. Lors d’un voyage en Amérique du Sud, elle suit un entraînement d’acteurs de l’Odin Theater. Elle crée ensuite ses premières pièces de théâtre physique et performances à Paris, dont une Cassandre expérimentale inspirée de l’Agamemnon d’Eschyle en 2011. En 2012, alors qu’elle vit plusieurs mois dans le désert de Mauritanie, elle met en scène un groupe de musiciens et danseurs traditionnels de l’Adrar. En 2013, elle se rend en Pologne pour découvrir de plus près le travail de l’Institut Grotowski, dans la lignée de cette figure essentielle du théâtre européen, et collabore avec Robin Riegels, metteur en scène formé au Workcenter de Pontedera. De retour en France, elle commence à étudier le chant auprès de maîtres de la tradition modale : Marcel Pérès, Aram Kerovpyan. En 2014, elle est actrice en résidence à l’Académie des arts sacrés Andreï Tarkovski puis collabore avec le Théâtre Observatoire International, créé par le metteur en scène russe Sergei Kovalevich, jusqu’en 2018. En 2015, elle initie un projet artistique dédié aux structures de soin qui vise l’ouverture de l’espace poétique chez les patients. Elle intervient en 2015 et en 2019 à l’hôpital psychiatrique de Saint-Alban dans le cadre de Culture Santé, résidence DRAC/ARS. Jusqu’en 2019, elle collabore en tant que danseuse-performer avec des artistes peintres.
En 2017, elle fonde Le Désert en Ville, nom inspiré par ses nombreux voyages au désert du Sahara et par l’espace qui s’y révèle. En 2018, elle crée Lettres Vives, en partenariat avec le pôle psychiatrie du CHU de Nantes – spectacle qu’elle met en scène et interprète ; et met en espace le récital poétique Marcher sur l’or du temps, autour de l’œuvre de Rabindranath Tagore, qui obtient le label « Sélection Printemps des Poètes ». Elle est comédienne sur le projet de théâtre anthropologique Leros, de Miléna Kartowski-Aïach, accueilli en résidence au TGP de Saint-Denis, au Théâtre du Soleil et au 104-Paris. Elle poursuit son travail d’artiste intervenante auprès de publics empêchés, et joue pour un cinéma indépendant d’expérimentation poétique. Elle travaille à plusieurs projets d’écriture dans une résonance poésie/art plastique.
Avec son nouveau projet de création plurielle, Mémoire(s), elle approfondit les liens qu’elle tisse entre création artistique et médiation culturelle, entre art vivant et art plastique et sonore.
Parallèlement au théâtre, elle signe des enquêtes alliant écologie et spiritualité dans le quotidien Reporterre, et intervient dans le milieu éditorial. En tant qu’auteure, elle prépare actuellement un ouvrage à paraître aux éditions du Seuil.